La symphonie des abysses de Carina Rozenfeld

Publié le par Lyrah

La symphonie des abysses de Carina Rozenfeld

Carina Rozenfeld, La symphonie des abysses tome 1

VOUS PENSIEZ ÊTRE AU PARADIS ?

Un gigantesque atoll, des plages de sable fin, une eau turquoise... Un mur infranchissable.

IL VOUS FAUDRA D'ABORD VIVRE EN ENFER :

ARTICLE 1 : Tout contact physique, toute marque d'amour sont proscrits.

ARTICLE 2 : Il est interdit de chanter, d'écouter ou de faire de la musique.

ARTICLE 3 : Quiconque se livrera à ces activités illicites sera mis à mort.

VOUS N'ÊTES PERSONNE. VOUS APPRENDREZ À OBÉIR.

Éditeur : Robert Laffont, collection R
Date de sortie : 13 février 2014
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Mon avis :

A l’occasion de mon mémoire sur la dystopie dans la littérature française destinée à la jeunesse, je me suis penchée sur ce genre particulier et les créations d’auteurs français. De ce fait, j’ai constitué un corpus de huit romans que je souhaite vous faire découvrir ici parce que, personnellement, je ne connaissais pas énormément de dystopies françaises et, surtout, parce que j’ai fait de très belles découvertes.

Je vais donc commencer avec Carina Rozenfeld et deux de ses dystopies : La symphonie des abysses (publiée dans la collection R de Robert Laffont) et Les clefs de Babel (publiée dans la collection Soon des éditions Syros).

Je n’avais pas encore eu l’opportunité de lire un roman de cette auteure française, pourtant populaire et très proche de ses fans (je l’avais rencontrée lors du salon de Montreuil). Je connais la série Phaenix et le premier tome est dans ma PAL. Pour La symphonie des abysses, j’avais hâte de découvrir cette dystopie originale et récente. Malheureusement, j’ai été fortement déçue. Je m’explique en deux raisons :

L’action est juste inexistante. A l’instant où des événements semblent annoncer un semblant de mouvement, la première partie se termine et une nouvelle histoire, celle de Ca et Sa redémarre le livre à zéro dans un nouvel univers qui doit être posé, ce qui est beaucoup trop long. D’ailleurs, je ne m’attendais pas du tout à une coupure aussi nette dans le récit. Je pensais réellement avoir la suite de la première partie avec Abrielle dès la deuxième et ai donc été très frustrée, comme si mes attentes de lectrice n’avaient pas été respectées, comme si le pacte de lecture était faussé. De plus, l’écriture de l’auteure est parfois trop répétitive, ce qui alourdit encore le tout. Le récit n’avance donc pas, sauf à la fin, ce qui arrive trop tardivement.

Les personnages ne sont pas attachants. L’héroïne, Abrielle, est exaspérante. Elle n’a pas de caractère et apparaît trop faible pour une héroïne. Seuls Ca et Sa sont intéressants car ils apportent une originalité inattendue voire, peut-être, trop poussée par rapport au goût de certains. Personnellement, j’ai eu énormément de mal à me les représenter, pas parce qu’il n’y avait pas de descriptions de ces deux personnages (loin de là !) mais parce que mon esprit refusait de les voir tels qu’ils sont décrits. Cependant, leur histoire d’amour est très belle, ce qui m’a enfin provoqué de l’intérêt par rapport à l’histoire.

Il y a tout de même de bons points comme l’originalité que j’ai déjà mentionnée, la construction du monde dystopique. L’univers d’Abrielle est mis en parallèle avec celui de Ca et Sa et certains éléments sont donc un rappel du village d’Abrielle tandis que d’autres systèmes interpellent par leur différence entre ces deux mondes proches mais éloignés et totalement fermés (par l’enceinte et par la bêtise humaine).

Ainsi, cette lecture n’a pas été très plaisante et je ne sais pas encore si je lirai le deuxième et dernier tome de cette série qui semblait pourtant prometteuse. Néanmoins, je pense tout de même tenter Phaenix et d’autres titres de Carina Rozenfeld que j’ai chez moi. Toutefois, je reste sur mes gardes car je n’ai pas spécialement apprécié Les clefs de Babel (pour d’autres raisons et dont je vous ferai la chronique prochainement) et me demande donc si ce n’est pas tout simplement l’écriture de l’auteure qui ne me convient pas (ce qui ne veut pas dire qu’elle ne peut pas être entraînante pour d’autres lecteurs). Cela m’attriste puisque c’est une auteure vraiment avenante avec ses fans.

Pour information, j’ai dû lire pour mon mémoire : Méto et Nox d’Yves Grevet ; Les clefs de Babel et La symphonie des abysses de Carina Rozenfeld ; Le combat d’hiver et Terrienne (que j’avais lu il y a longtemps et que je ne vais pas chroniquer) de Jean-Claude Mourlevat ; Le dernier hiver et Un monde pour Clara de Jean-Luc Marcastel ; Le projet oXatan et La fin du monde de Fabrice Colin.

Publié dans Chroniques

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