Qadehar le sorcier d'Erik L'Homme

Publié le par Lyrah

Qadehar le sorcier d'Erik L'Homme

Erik L'Homme, Qadehar le sorcier, Le livre des étoiles tome 1
Rares sont ceux qui connaissent l'existence du Pays d'Ys, situé à mi-chemin entre le monde réel et les territoires du Monde Incertain, peuplés de monstres et d'étranges tribus. Ys semble un pays en tous points pareil au nôtre, à la différence qu'on y côtoie, entre ordinateurs et salles de cinéma, chevaliers en armure et sorciers aux pouvoirs étonnants. Guillemot de Troïl est un garçon d'Ys, enfant timide et rêveur. D'où lui viennent ses dons exceptionnels pour la sorcellerie que lui enseigne patiemment Maître Qadehar ? Qu'est devenu "Le Livre des Étoiles", dérobé voilà longtemps et qui renferme le secret de sortilèges puissants ? Pourquoi Agathe de Balengru, sa pire ennemie, a-t-elle été enlevée ? Dans sa quête de la vérité, Guillemot entraîne avec lui ses amis de toujours, Romaric, Gontrand, Coralie et l'intrépide Ambre. Ensemble, ils franchissent la Porte qui conduit dans le Monde Incertain…
Éditeur : Gallimard collection Jeunesse
Date de sortie : 10 mars 2003
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Mon avis :

J’aime beaucoup les œuvres d’Erik L‘Homme que j’avais précédemment lues et, pour un devoir, lorsque ma binôme a mentionné cette trilogie (qui est la première de l’auteur il me semble), je me suis dit « pourquoi pas ? ».

La trilogie étant constituée de tomes assez courts, je considérais cette lecture comme rapide. Quelle erreur ! J’ai totalement bloqué sur le récit qui me faisait lever les yeux au ciel très fréquemment. Pour quelles raisons me direz-vous ? Après tout, Le livre des étoiles se montre être dans la même lignée qu’Harry Potter et autres récits fantastiques de notre jeunesse (enfin, je parle pour moi ^^).

C’est justement là que se trouve le problème. Bien que l’écriture soit élaborée et d’un style soutenu – ce qui change pour la jeunesse – je n’ai pas réussi à accrocher.

Tout d’abord parce que j’ai eu du mal avec toutes les actions qui ressemblaient trop à des passages d’Harry Potter, comme si l’histoire était un mélange de plusieurs romans de ce genre. J’aime que les auteurs s’inspirent, il n’y a pas de problème concernant ce fait puisque, au final, toutes les productions littéraires proviennent d’une dizaine d’histoires « type » (étude qui a été menée par je ne sais plus qui mais qui se révèle fondée par rapport aux exemples donnés. Je ne pourrai pas vous expliquer totalement cette théorie mais, en gros, il y aurait des « mythes » littéraires visibles dans chaque histoire).

Ensuite, je n’ai pas apprécié les personnages principaux. Les héros ont une douzaine d’années et pensent parfois comme des enfants plus jeunes. L’auteur semble avoir désiré créer des personnages matures, ce que j’ai remarqué par rapport à quelques-unes de leurs réflexions mais, à d’autres moments, ils se montrent tellement enfantins qu’ils ne font même pas leur douze ans. A savoir, un passage ou le maître explique à son élève, Guillemot, le pouvoir des graphèmes (qui sont le moyen d’expérimenter la magie). Il lui donne l’exemple suivant : les graphèmes sont des clés qui ouvrent à la magie et le jeune Guillemot lui répond « des clés comme celles qui ouvrent des portes ? » (ou quelque chose dans le genre). Pour douze ans, je trouve que Guillemot est un peu neuneu. Les exemples ne s’arrêtent pas là et je pense que, à trop vouloir respecter la mentalité d’un enfant, l’auteur n’a pas toujours bien su cerner la mentalité que devrait avoir ses personnages. Surtout que parfois, les enfants-adolescents montrent des pulsions, normales pour leur âge, opposées à leurs réflexions d’un enfant âgé de cinq ans… Je ne sais pas si je suis bien claire mais j’ai vraiment été gênée par tous les allers-retours que font les héros sur l’opposition intelligence/stupidité.

De plus, le héros, Guillemot, élève standard qui ne se démarque en rien sauf par son héroïsme à vouloir sauver la veuve et l’orphelin, arrive très facilement à être un super apprenti sorcier. D’accord, Harry Potter aussi a des facilités mais, en l’occurrence, il partage son pouvoir avec Voldemort (pour faire court). Ici, le lecteur ne voit pas suffisamment Guillemot travailler et, vers la fin, toute l’action se précipite, révélant un apprenti sorcier aux dons extraordinaires sans que l’on sache d’où il les sort (magique !!!).

Outre un héros énervant qui a des pouvoirs extraordinaires, il est possible de considérer que lui et ses amis ont une chance incroyable car, encore comme par magie, ils se sortent de situations bien périlleuses sans réels efforts (ce qui me fait beaucoup penser aux nains dans les films Le Hobbit. S’il n’y avait pas des personnages pour les sauver, les nains seraient morts depuis longtemps. Personnellement, Peter Jackson est parvenu, outre l’exploit de gagner facilement de l’argent, à rendre les nains ridicules… Bon, je dérive là). Quoiqu’il en soit, la facilité des actions n’est pas attrayante. La bande d’amis se contente d’être là et de réussir tout ce qu’elle entreprend de dangereux sans souffrir (je ne suis pas sado, mais quand même, un peu d’effort pour montrer que tout ne tombe pas tout cuit dans la bouche !). Le tout ponctué de réflexions agaçantes et vous comprenez pourquoi je n’aime pas.

Néanmoins, je salue la complexité et l'originalité de l'univers. J’ai beaucoup aimé le principe de créer une dimension parallèle où vivent les protagonistes. Leur monde se trouve entre le monde Certain (notre univers) et le monde Incertain (horrible, avec une multitude de créatures magiques). Nos héros évoluent donc dans un monde où la télévision côtoie les chevaux comme moyen de transport.

J’aime aussi le fait que, pour une fois, l’action se situe en France (enfin, dans le monde créé à partir de la France). En même temps, l’auteur est français donc ça aurait été dommage qu’il n’écrive pas sur sa patrie (enfin, d’autres ne se sont pas gênés).

Bilan de cette lecture : je pense être trop vieille pour apprécier ce premier tome (et la trilogie). Pourtant, j’ai énormément pris de plaisir à lire Terre-dragon (dont l’univers est empreint de la même magie).

Je n’ai pas accroché et, malgré un roman de moins de 250 pages, j'ai eu l'impression d'en lire le double tant ça n'avançait pas. Pour au final, avancer très vite dans les dernières pages. Je pensais peut-être lire la suite si les héros évoluaient mais, après avoir demandé à ma binôme, j’ai appris que ce n’était pas vraiment le cas. Dommage, c’est donc une nouvelle série que je ne finirai pas…

Publié dans Chroniques

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