Confusion de Cat Clarke

Publié le par Lyrah

Confusion de Cat Clarke

Quel livre, mais quel livre et quelle histoire ! Comment dire, je suis juste complètement fan des histoires qui traitent de la douleur, des sentiments forts qui s’imposent à notre âme, la marquent et qui permettent de nous relever plus fort qu’avant. Ici, c’est juste le cas, l’histoire est proche de Si je reste de Gayle Forman et de Treize Raisons de Jay Asher. Mais elle apporte des nouveautés qui sont juste géniales, notamment le fait que l’héroine, dépressive et qui s’automutile, se fait « enlever » par un beau jeune homme mystérieux qui l’enferme dans une chambre totalement blanche avec juste du papier et des stylos. Elle n’a alors d’autre choix que d’écrire, de revenir sur toute l’histoire de sa vie et essayer de comprendre comment elle a pu déraper à ce point. Très franchement, si cela était possible, j’aimerai aussi être enfermée dans une pièce et comprendre ma vie mais bon, nous ne sommes pas dans une fiction ^^

Face à elle-même, son histoire se déverse sous ses yeux en même temps qu’elle se déverse aux yeux du lecteur. Le style est très relâché, typique des jeunes (en même temps, Grace n’a que 17 ans et révèle les caractéristiques quelque peu énervantes des adolescents : elle s’avère être peu réfléchie sur de nombreux points, elle ne cherche pas à comprendre, se laisse aller et berner, dérive de plus en plus, n’essaie pas de s’en sortir). Son caractère est vraiment peu enviable (je ne vous en dit pas plus ^^) et énervant (mais qui n’a jamais agi comme ça une fois dans sa vie d’ado ?) Après tout, les hormones, les petites choses qui prennent une grande importance, la vision restreinte du monde plus le fait qu’elle n’aille pas bien, forcément son caractère peut être exécrable à certains moments.

Et c’est compréhensible car personne ne l’aide réellement : sa meilleure amie est trop jeune pour comprendre ses problèmes d’automutilation et pourquoi Grace agit ainsi (comme cette dernière ne lui explique pas non plus toutes les horreurs de son passé, son amie ne risque pas de tout saisir pour l’aider). Son copain, Nat, est étrange. Son caractère est trop changeant cache quelque chose, ce dont Grace se doute, mais elle a trop peur d’affronter la vérité. Cette vérité qui pourrait pourtant lui permettre d’avancer. Sa mère est un monstre mais elle reste humaine. Elle a perdu son mari, elle est aussi mal que sa fille, et chacune d’entre elles trouvent un moyen d’avancer, le problème est qu’elles le font séparément, qu’elles se perdent l’une et l’autre alors que tout aurait été différent si sa mère avait réellement joué ce rôle.

En ce qui concerne le fil de l’histoire, et bien, il avance lentement. Le lecteur comprend vite ce qui se trame, il y a peu de rebondissements et, quelque fois, j’ai eu envie de me frapper la tête tellement il était difficile pour Grace de ne pas voir ce qu’il se passe. Mais en même temps, cette lenteur démontre le traumatisme de Grace, ses sentiments confus. Elle n’est pas stupide, elle avance juste à son rythme (et chacun possède son propre rythme) tout ce qui compte au final, est le fait d’avancer. Grâce à Ethan, son kidnappeur, elle se réalise peu à peu dans la solitude, elle se retrouve enfin face à elle-même et n’a d’autres choix que de se regarder réellement.

L’auteure aborde donc bien la jeunesse, les sentiments. Son style est simple (trop mais cela apporte une certaine vraisemblance, car après tout, Grace est la narratrice de sa propre histoire). La seule chose réellement gênante est la mise en forme finale, qui embrouille un peu (en tout cas, pour moi, ça a été le cas). Parfois, je n’arrivais pas à savoir qui parlait…et peut-être suis-je passée à côté de certaines choses ? Mais je ne regrette pas cette lecture captivante, le livre est épais mais il se lit très vite et facilement.

Publié dans Chroniques

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