Dévoile-moi de Sylvia Day

Publié le par Lyrah

Dévoile-moi de Sylvia Day

Au fil de ma lecture, ce premier tome de Sylvia Day n'a cessé de m'enthousiasmer et de me décevoir. J'ai été agréablement surprise par le style de l'auteure, bien moins simpliste et empli de stéréotypes barbants que dans Fifty shades. La comparaison s'arrête là car Dévoile-moi n'a pas grande chose de similaire. L'héroïne de Sylvia Day est tout aussi complexe que le mal dominant qu'elle exploite, le style romanesque du roman érotique n'est pas autant exploité que cela, nous sommes les témoins d'un simple Harlequin remit au goût du jour (pas de réelle scène érotique choquante de style sm). Les clichés "bateaux" sont présents (à croire qu'il n'y a que ce moyen de nous faire rêver?) mais raisonnables: la petite fille riche qui a tout ce qu'elle veut, qui vit dans le monde des bisounours (tout le monde est son ami, tout le monde l'adore etc.). mais elle a connu une expérience horrible qui explique ses problèmes relationnels avec les hommes. Elle peut compter sur son meilleur ami, de pauvre condition, aussi marqué qu'elle mais qui a l'avantage de profiter de son physique autant que de sa relation amicale avec Eva... et qui apporte la touche comique. Face à elle, Gideon Cross, beaucoup plus évolué qu'il n'y paraît et, outre ses démons, s'avère être l'homme parfait qui, malgré des erreurs typiquement humaines et masculines dues à son passé, reste avenant, romantique, mais trop possessif avec Eva. Pour améliorer ce personnage riche, puissant, beau, intelligent, l'auteure lui donne l'incroyable capacité de "bander" tout le temps à cause d'Eva et d'être un dieu du sexe (soit dit en passant, les scènes de sexe sont toujours les mêmes, sans grande originalité donc les fans de Fifty shades et d'expériences plus osées risquent d'être déçus ^^). Ils forment un couple à problèmes qui, telle une balle de basket, a ses hauts et ses bas, ce qui est lassant car les mêmes schémas sont sans cesse reproduits: Gideon fait un pas de travers, Eva s'enfuit, il lui court après, ils se réconcilient sur l'oreiller et c'est réparti. Par ce cercle vicieux, le lecteur en apprend plus sur le passé des protagonistes mais reste sur sa fin, en espérant un grand final plutôt qu'une fin identique au reste du livre...

J'ai donc été déçue par cette banale vision New-yorkaise d'une communauté riche qui cache sa vraie personnalité grâce au pouvoir (trop excessif,) et à la beauté (trop superficielle car tous sont incroyablement parfaits (à croire qu'il n'y a aucun riche et peu plaisant dans ce livre...). Les personnages principaux sont intéressants de par leurs blessures et les moyens qu'ils tentent afin de se reconstruire à deux mais les répétitions sont trop vite énervantes. Quant aux personnages secondaires, leur portrait va trop loin dans les stéréotypes (le meilleur ami super ouvert, la mère à enfermer dans un asile pour excès de droits maternels, le patron qui ne "serait survivre dans sa nouvelle assistante" (en l'occurrence, Eva) et qui vit bienheureux avec son mari etc.). Il n'y a que les personnages catégorisés comme "méchants" qui apportent une once d'intrigue. Pourtant, l'envie de connaître le fin mot de l'histoire est présente et j’espère que l’histoire évoluera plus dans le deuxième tome.

Publié dans Chroniques

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