Belladone, Michelle Rowen
Belladone, que j’ai vraiment été ravie de lire, est un savant mélange de notre bonne littérature bit-lit qui allie la mythologie vampirique sans pour autant l’imprégner d’une forte ambiance sexuelle (Anita Blake parmi d’autres qui partent souvent dans des extrêmes lourds et blasant). Voilà pourquoi j’avais quelque peu freiner mes lectures de ce genre (même si Anita Blake restera toujours the best).
L’histoire, aux premiers abords, très sombre, ne l’est pas réellement. J’ai été très emballée par son originalité apporté au mythe vampirique : Jill, jeune femme normale qui vit tranquillement sa vie, se fait injecter contre son gré un sérum transformant son sang en arme destructrice à tous les vampires qui le boivent. Comme d’habitude, Jill n'est pas la plus laide des héroïnes, et sous certains rapports, elle incarne bien la blonde qui ne se prend pas trop la tête en réflexions intenses. Mais il y a plus, sa vie bascule en quelque seconde, la faute à pas de chance ou le destin qui se met en marche ? Quoi qu’il en soit, Jill devra faire des choix, assumer ce qu’elle est et survivre.
Pour « l’aider » (car on ne peut pas réellement dire qu’il soit une aide au début du roman), notre héroïque pourra compter sur Declan, chasseur de vampire redoutable. La grande nouveauté est que notre étalon vampirique (enfin dhampirique) n’est pas le stéréotype même des beaux gosses séduisants auxquels personne ne résiste, bien au contraire puisqu’il porte les stigmates de ses combats (il a perdu un œil, des cicatrices recouvrent son corps…). Mais je trouve que cela lui apporte d’autant plus de charmes, le rendant humain malgré sa froideur apparente (là aussi, je n’en dirai pas plus mais il est ainsi pour une raison).
En ce qui concerne les autres personnages, bien, pas grand-chose. Le seul être intéressant est Noah, un jeune assistant chercheur, super curieux, super amical et intelligent malgré son jeune âge.
Tout au long du livre, les gentils sont méchants et inversement. Nous suivons Jill, ses réflexions, son point de vue. De ce fait, difficile d’aller plus loin face à sa vision souvent faussée, bien que ses méfiances et intuitions face à certaines personnes s’avèrent être juste.
Au final, l’histoire est originale, les personnages plus humains et forts que ce qu’il semblerait être, même si une sévère stupidité de réflexions et dialogues s’élève au-dessus de tout le reste. La fin, que j’ai trouvé ridicule sous certains aspects (notamment des vampires censés être super forts qui ne le sont pas tellement, et l’auteur qui apporte des réponses trop simplistes face à cela) ouvre tout de même des perspectives qui me font attendre la suite que je serai ravie de lire. Je vous conseille vraiment cette histoire car elle apporte un souffle plus frais sur nos habituelles histoires de vampires.